✺ Le jardin de croissance

Les limites de l'intelligence

L’histoire que je vais vous raconter est folle.

Je vois cet article comme deux choses :

  1. Un message d’espoir,
  2. Et un rappel important.

Comme une invitation à l’exploration,
et à la déconstruction de ce qu’on croit savoir.

Parce que le fait est là :

Tu peux être stupide et réussir ta vie.

Alors, pose-toi tranquillement.
Plonge dans un bain d’ondes sonores et on y va.


(Parenthèse)

Je t’écris tout ça les pieds presque dans l’eau, au bord d'un lieu qui m’apaise l’âme.
Et qui me sort doucement de ce monde de flux.

Une vraie coupure !

Je me sens m'extraire vraiment d'un état de saturation qui durait depuis un peu trop de semaines.
J'ai atteint comme un point de singularité.
Puis j'ai percé l'abcès.

Je commence un nouveau cycle,
et j'en avais vraiment besoin.

Im

Est-ce-que l’intelligence définit la valeur ou le destin d’un individu ?

En février, j’ai eu l’occasion de rencontrer une psychologue spécialisée dans les bilans psychosociaux et les profils cognitifs.

Et honnêtement, ça valait le coup.

Les objectifs d’un bilan sont multiples et souvent très personnels.
Mais l’un d’eux, à mes yeux, est sophistiquement simple :
obtenir des clés de compréhension supplémentaires sur notre propre fonctionnement.

C'est un peu comme s'accompagner à tourner doucement des poignées qui ouvrent des portes vers des pièces encore inexplorées de soi-même.

Le truc que je veux vous faire comprendre,
c'est que parmi ces quelques portes que j’ai pu entrouvrir,

il y a une chose que j'ai vu, et que j'aimerais vous partager.
Une lumière de vérités qui a dissipée certaines zones d’ombre, d’ignorance, et surtout… d’incompréhension.

Ce que j'ai découvert derrière cette porte vous permettra de comprendre essentiellement :

Je vais pas parler de HPI, ou de termes fourre-tout qu’on entend partout.
On s’en fout, vraiment.

Ici, les vrais mots d’ordre sont Intelligence et Complexification.

Rien de subjectif.
☞ Juste de la science psychosociale pure.
Et des clés d’interprétation puissantes pour mieux te comprendre.

J’ai tellement hâte de vous expliquer tout ça.
Vous allez vraiment kiffer.
Bonne lecture.

Jusqu’où va vraiment l’influence de notre intellect ?

Où est-ce qu’on trace la limite entre ce qu’on comprend, ce qu’on analyse, ce qu’on pense… …et la manière dont on vit nos expériences, dont on les interprète, et surtout, comment on avance dans la vie grâce (ou malgré) tout ça ?

Finalement

À l'origine, ce que je conçois c'est que, sans aucun doute, tout est interdépendant.

Le lien entre nos traits de caractère, notre fonctionnement cognitif, nos “dispositions de base” — ce qu’on est profondément, presque au niveau génétique — et nos expériences de vie est fondamentalement évident.

Ces éléments s’imbriquent, ils façonnent la façon dont on perçoit le monde, dont on résout des dilemmes, dont on traverse des épreuves.

Ils co-créent notre réalité intérieure.

Mais depuis, voici ce que l'on m'a appris ↓

Le premier point, et peut-être le plus important :

L’intelligence et la psychologie sont deux choses (vraiment) différentes.

Il est devenu presque conventionnel de se mettre dans des cases et d'attribuer nos réussites (ou nos échecs) à des « statuts cognitifs ».

C'est ce qui nous permet souvent (à tort) de se penser capable d'évaluer le niveau de réussite des autres, une activité très ludique dont raffole l'égo.

Nous voyons le monde, les choses et les autres à travers des limites figées que l'on ne s'estime pas pouvoir dépasser, ou les voir dépasser. Ce mécanisme prend régulièrement source dans des projections de nos propres insécurités, qui maquille l'espoir profond de ne jamais voir les autres dépasser les limites qu’on leur impose, ébranler notre propre vision de la réalité, et bousculer le mensonge qu’on s’est construit pour rester à l’aise dans notre peur, dans notre contrôle, dans nos schémas.

Nous nous privons de voir les choses, le monde et les autres comme des points de départ. C'est une dynamique du mental : on enferme et on étouffe pour se protéger et préserver les repères faussés qu’on place entre nous et la vie, pour ne pas affronter ce qu’on ne maîtrise pas.

Un vrai mécanisme de protection, qui nous concerne tous à tout niveau de développement.

On en devient fataliste : on finit par croire que notre niveau intellectuel va définir notre niveau de réussite.

Il devient un filtre unique, une grille de lecture à travers laquelle on se compare et on se limite. Un peu comme si c'était la graine de notre croissance.

On agit comme ça pour deux raisons :

Ça nous permet très facilement de poser les fondations du bon vieux "C'est comme ça", qui n'a aucun mal à s'exposer sur le mur de notre vie.

Ta vraie valeur

Vivre à travers ce paradigme te propulse directement dans le vice de la comparaison chronique.

Car l'intelligence est un package fixe de départ.
C’est concrètement quantifiable, mesurable.

Agir en pensant que c'est le facteur le plus susceptible de déterminer ton succès est le meilleur moyen de te limiter et de te condamner, car c'est la meilleure façon d'exclure toute forme d'évolution, de mutation et de remise en question.

Pour la simple et bonne raison qu'on ne questionne pas des données factuelles : on les constate, et on s'en sert.

En réalité, nous sommes des êtres en constante mutation. Notre vie est constituée de cycles d'expériences et de renouvellements psychiques (doutes, prises de conscience, bouleversements internes...)

Ce qui fait ta vraie valeur, c'est exactement ça : ta capacité à développer des prédispositions à la synergie interactive.
C’est-à-dire : à agir en conscience de l’impact que nos interactions — avec les autres, le monde, les idées — ont sur notre évolution personnelle.

Chaque échange, chaque expérience, chaque confrontation est une opportunité de transformation.
Nos paradigmes, nos croyances, nos filtres internes ne sont pas fixes. Ils peuvent — et doivent — évoluer à mesure qu’on s’expose à la vie.

Développer cette conscience, c’est cultiver une forme d’intelligence vivante.
Pas celle qu’on mesure avec des tests, mais celle qui se construit en mouvement, dans la relation et dans l’adaptation.

Ça, c’est ce qu'on nomme la dimension psychologique1.

Ce sont les deux grands pôles que les études distinguent :

Et c’est là qu’il faut être clair :
Tes capacités intellectuelles, à elles seules, ne définissent rien.
Elles ne déterminent ni la profondeur de ta perception, ni ton potentiel à évoluer, à te transformer, ou à t’épanouir pleinement.

La vie est bien trop complète et complexe.

Bien sûr, dans certaines dynamiques sociétales, ou par “sélection naturelle” moderne, avoir certaines facilités intellectuelles peut t’avantager — mais au contraire, tout autant te freiner.

L’intelligence n’est qu’un package.

Une information sur toi et ton fonctionnement.
Rien de plus qu’un facteur d’adéquation : un élément qui peut t’aider dans certains contextes, mais qui ne dit rien de ta valeur, de ton potentiel, ou de ta capacité à évoluer.

Elle n'est en rien la graine ou la grille de lecture de ta réussite. Ce n'est pas ce qui te rend vraiment plus riche, plus complexe, plus compétent.
Ni ce qui te rend intéressant, vivant, unique.

Notre valeur prends racine dans quelque chose sur lequel nous avons un contrôle presque total :
Ce que tu fais de tes expériences.

Comment tu les vis. Comment tu les digères. Comment tu les transmutes.

La graine de ta réussite

Selon les sciences psychosociales, ce qui se rapprocherait le plus de cette "graine",

aka le vrai moteur,

Celui qui influence réellement ta capacité à évoluer, à te dépasser, à créer ta propre trajectoire…
ce n’est pas ton QI, ni tes facilités.

C’est ton estime de toi.

Cette estime devient le filtre par lequel tu interprètes le monde et tes possibilités.
Elle est prépondérante.

Cette estime est de nature psychologique.
Elle ne se mesure pas. Elle se construit.

Et elle prend racine dans un moment qu’on sous-estime trop souvent :
l’enfance.

Plus précisément : dans le sentiment de sécurité que tu as (ou pas) ressenti dans les premières années de ta vie ↓

La source de l'estime et l'importance de l'enfance

Ce que je suis le plus reconnaissant d’avoir appris dans cet échange, c’est l’origine du sentiment de sécurité.

À un moment, je lui ai posé une question simple, mais centrale : Qu’est-ce qui permet à quelqu’un de se sentir légitime à tracer sa propre route, à créer sa vie ?

Et sa réponse m’a fait l’effet d’un retour à la base.
Une base presque primaire, instinctive.
Mais que j’avais oublié de prendre autant en compte :

♛ Le sentiment de sécurité dans l’enfance.

Pas la réussite, pas l’intelligence, pas la discipline.
Mais cette chose qu’on ne voit pas, qu’on ne nomme presque jamais, et qui façonne pourtant tout le reste.

Le rôle des parents — et plus largement, des instances éducatives et sociales —

c’est de permettre à l’enfant de se sentir assez en sécurité dans son cocon
pour lui donner envie de découvrir le monde.

Ils ont, en réalité, deux responsabilités fondamentales :

  1. Lui permettre de voler de ses propres ailes.
  2. Lui offrir un nid vers lequel revenir.

🪺 Le nid, c’est le socle de tout.
C’est ce point d’ancrage essentiel, celui qui dit à l’enfant :

“Tu peux partir explorer. Et si ça ne va pas, tu peux revenir. Je suis là.”

Ce nid, c’est un espace de ressourcement,
un refuge face à l’inconnu,
un signal profond de protection qui permet l'éclosion de l’estime de soi et la confiance, tout deux multiplicateurs directs d’ouverture au monde.

C’est plus tard, dans l’adolescence, puis à l’âge adulte, qu’on commence à multiplier les expériences,
à former d’autres types d’interactions, et à se confronter à nos limites.

Si les fondations de l’enfance sont fragiles,
alors l’adulte avance avec des barrières psychiques
et des zones de fragilité qui l’empêchent d’exploiter pleinement son package cognitif
et surtout, de l’utiliser en conscience.

Je vais être honnête, ça m’a challengé.

Parce que ça va à l’encontre de ce que je proclame souvent : que chacun a en lui les ressources pour avancer, pour construire, pour se libérer.

C'est trop idéaliste.

Les gens qui grandissent dans un environnement stable, soutenant, aimant, avec des repères… ces gens-là ont naturellement une assise intérieure.

Une base.
Un socle.

C’est comme si leur terrain de jeu était plus grand, plus dégagé, plus fertile. Même sans être surdoués, même sans talents particuliers, ils ont le terreau. Le cadre. Le jardin pour pousser.

Le plus important n'est donc pas la graine, mais l'environnement lui permettra de prendre racine et de se donner une forme (un état stable). La réalité est celle-ci : certaines graines doivent se battrent pour vivre là où d’autres poussent sans effort.

Ça m’a surtout rappelé une chose essentielle :

Tu n’es pas “limité”. Tout vient de quelque part. Et ce quelque part, ce n’est pas une fatalité.

La vie t'as juste chargé de réaliser par toi-même un travail d'exploration transformateur que l'on ne t'as pas aidé ou appris à faire jusqu'ici.

Favoriser et croire en la complexification

Les apprentissages profonds, ceux qui te transforment vraiment… n’ont rien à voir avec ton niveau intellectuel.

Rien à voir avec ton QI, ta “vitesse de compréhension”, ou ta capacité à retenir des infos.
C’est un autre game.
Un truc plus viscéral, plus vécu.
Un truc humain.

Avant, j’avais cette vision que l’intelligence, c’était une sorte de système qui se construisait par apprentissage.
Comme une IA.

Tu l’alimentes avec de la donnée, des expériences, des références. Elle fait des connexions, elle développe des raisonnements, elle évolue.

Je concevais que plus tu multipliais les expériences, plus tu développes cette capacité à penser “vite”, à penser “profond”, à penser “juste”.

Tu devenais plus "intelligent".

Je réalise maintenant que c'est scientifiquement faux.
Ou plutôt, pas exactement vrai.

Ce processus-là est en réalité un processus de complexification. C’est un mécanisme d’adaptation psychologique.

C’est de la psychologie vécue, du développement intérieur, de l’analyse émotionnelle et sociale.

C’est comment tu as appris à te construire dans ton contexte.
Comment tu interprètes ce que tu vis.
Et ça, ça ne dépend pas de ton intellect pur.

Ça dépend de ton vécu, de ton ouverture, de ton estime, de ta manière de créer du sens à partir de ce que tu vis.

C’est rassurant. Parce que ça veut dire que tu n’as pas besoin d’être “intelligent” pour devenir quelqu’un perçu d’intelligent.

Tu dois vivre.
Observer.
Te poser des questions.
Avoir des conversations.
Te confronter.
Et intégrer.
Encore et encore.

Afin de développer ton unicité et de faire émerger ta singularité.

Non pas parce que t’as un cerveau plus rapide. Mais parce que t’as appris à te connaître, à te poser, à te repositionner.

Curseurs vs barrières

L’intelligence est un asset de départ. Rien de plus.

Tes capacités "innés" ne sont qu'un point de départ.
Elle ne définissent en rien une limite.
Encore moins une quelconque finalité.

Elles t'aident juste à comprendre où est ce que tu seras le plus susceptible de d'épanouir, de te challenger, et de nourrir cette "estime" si importante.

Ce ne sont que des curseurs, pas des barrières.

Le terrain et la graine : les conditions de croissance

C’est pas une histoire d’intelligence.
C’est une histoire de conditions de croissance.

On revient à ce que tu nourris.
Ce que tu reçois.
Ce qui t’est permis de croire sur toi-même.
Ce que tu as le droit de rêver ou pas.

Un environnement social dans lequel on a — ou dans lequel on peut encore créer aujourd’hui (et c’est important de le rappeler, pour éviter tout fatalisme) — des échanges riches et des expériences multiples, compte bien plus que notre base cognitive de départ.

Le terrain est plus important que la graine.

Tout prendre en compte

Visualise l’intelligence comme une IA qui accumule, relie, progresse. Mais apporte y simplement quelques nuances.

Ce n’est pas “l’intelligence” qui grandit.
C’est notre niveau de complexification.

Ce niveau-là dépend :

Cette complexification nous permet de :

Ce n’est pas de l’intelligence brute.
C’est de l’intelligence de vie.
Et ça, je suis convaincu que tout le monde peut la cultiver.

L'importance et les résidus du conditionnement

Il faudra que je m’intéresse davantage à tout ce qui touche au centre social. Et plus largement, à la structure familiale, à l’éducation, à la présence affective dans les premières années de vie.

Cet article n'a pas pour but d'affirmer que le fait d’avoir grandi avec des parents absents ou dans un contexte familial plus bancal t’empêche de vivre la vie que tu veux.

C'est radicalement faux, car nous avons tous un tunnel de réalité qui réagit différemment face aux circonstances.

Mais il faut reconnaître une chose : ton conditionnement joue un rôle majeur.

C'est ton socle.

Je veux que tu réalises une deuxième chose : ce socle n’est pas parfait.

Aucun parent, aucun éducateur, aucune figure d’attachement ne l’est.

Donc, oui, on part tous avec un bagage : des croyances, des blessures, des limitations, des réflexes de pensée. C’est inévitable.

La responsabilité de la liberté

La leçon de tout ça, c’est que ta croissance ne s’arrête jamais.

Même avec des bases fragiles. Même avec une enfance bancale. Même si tu n’as pas reçu ce que tu aurais dû recevoir. Tu peux grandir. Tu peux t’ouvrir. Tu peux expérimenter. Tu peux transformer.

C’est une question d’ouverture au changement, et de volonté.

À partir du moment où tu acceptes de faire autrement, de penser autrement, de tester autre chose… tu changes. Tu enrichis ta base de données. Tu crées de nouveaux chemins mentaux. Tu explores. Tu bouges. Tu évolues.

Et là, on en revient à ce que je crois profondément :
On n’est pas défini par nos schémas de pensée.
On n’est pas condamné par nos premières années de vie.
Nos tendances et nos traits profonds nous affectent, mais ne nous figent pas.

La plupart du temps, nos limites perçues sont bien plus grandes que nos limites réelles.

Et c’est là que je veux t’amener.

À la curiosité.

À regarder ta vie avec recul. Avec douceur. Avec légèreté.

Peu importe dans quelle case tu penses te trouver.
Peu importe ce que tu crois de toi, de ton potentiel, de ton passé.
Il y a des choses à faire. Des choses à vivre. Des choses à créer.

Et même si tu ne sais pas encore ce que tu veux faire, c’est ok.
Justement, c’est la première quête.
Rien que pour ça, il existe aujourd’hui des outils, des espaces, des chemins à emprunter.

Ce que je dis là, c’est pas une recette miracle.

C’est juste un fragment, une piste, un point de départ.
Mais ce soir, pour moi, c’était un point de bascule. Et j’espère qu’il pourra l’être aussi pour toi.

Tu es plus que ce que tu penses.

Et surtout :
Tu as le droit de te tromper.
Et le droit de te pardonner.

Avance avec ça.
Le reste suivra.

Prends soin de toi, vraiment.
Belle vie,
On se retrouvera.



  1. C'est C.G.Jung qui rappelle que qu'une vaste partie de la psychologie est "expérience vécue". (Psychologie de l'inconscient, p.200, édition Le livre de Poche)